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Le bulletin en lecture sonoreLe dernier bulletin de l'AQDM, hiver 2012, est disponible en lecture sonore à l'Audiothèque. Voici les instructions pour entendre la lecture du bulletin.1) Composer le numéro de téléphone de l'Audiothèque. Si vous habitez à Montréal, le 514-393-0103 . Résidents de Québec : 418-627-8882. Ailleurs au Québec : 1-877-393-01032) Après le mot de bienvenue, composez le 6 puis, après les autres messages, encore le 6 puis le 2 et enfin le 4 pour le bulletin de l'AQDM. Vous n'avez pas besoin d'un code d'accès.Cependant, si vous voulez avoir accès aux autres documents, vous demandez un code en composant le poste 3002. Tout est gratuit.******************************************
Communiqué de presse
Une porte ouverte à plusieurs dérapages
Montréal, 27 janvier 2012- Le rapport de l’Institut national d’excellence en Santé et en Services sociaux (INESSS) pour comparer deux médicaments utilisés dans le traitement de la dégénérescence maculaire, soit l’Avastin et le Lucentis, ouvre la porte à toutes sortes d’interprétations. Il n’est pas étonnant de voir que l’encre à peine séchée, le ministre de la Santé, Yves Bolduc, privilégie dans les médias l’aspect économique au détriment des enjeux sécuritaires pour la santé des patients.
Fort curieusement, ce rapport met beaucoup plus l’emphase sur les différences de coûts que sur les propriétés thérapeutiques des deux médicaments alors que la responsabilité première de l’INESSS porte sur ce dernier aspect. Comprenons-nous bien : l’AQDM comprend l’enjeu budgétaire et social quant aux prix des médicaments et du fait que le Lucentis est considérablement plus élevé que l’Avastin. Mais de l’aveu même de l’INESSS « le profil d’innocuité de l’Avastin reste encore à être confirmé. »
Le rapport mentionne la mise en garde de Santé Canada à propos de l’Avastin du 7 décembre dernier mais ne la prend nullement en considération. Pourtant il y est question d’effets secondaires graves : AVC, crises cardiaques, cataractes, inflammations, pertes de la vue etc. L’Avastin n’est pas homologué pour un usage ophtalmique mais pour un cancer colorectal. L’administration hors indication exige des manipulations pour un fractionnement d’une fiole en plusieurs seringues pour des injections intraoculaires. Et c’est à sujet que la FDA aux États-Unis a émis une alerte, survie par celle de Santé Canada, que de nombreux cas de contaminations sont survenus avec des effets secondaires très graves pour des patients dans plusieurs États. C’est que ce fractionnement de fioles s’effectue en pharmacie sans aucun contrôle de qualité alors que l’Avastin est très sensible à toute manipulation et que celles-ci exigent un milieu totalement stérile.
Que penser alors de cette déclaration de Sylvie Bouchard de l’INESSS dans Le Soleil à l’effet « qu’il y a environ 40 pharmacies qui préparent ce médicament au Québec de façon sécuritaire. Il n’y a pas de problème pour ça. » ??? Mais il n’y a aucune déclaration obligatoire pour des effets secondaires à la suite d’une injection d’Avastin. Il n’y a aucun contrôle sur la sécurité de ce médicament manipulé on ne sait comment en diverses pharmacies. L’AQDM n’a pas été invité au comité de consultation. Pourtant nous aurions pu indiquer des cas d’effets secondaires au Québec.
D’autre part, il n’y a pas que la manipulation de l’Avastin qui pose problème. Aucune recherche scientifique ne démontre son innocuité intrinsèque pour des injections intraoculaires. L’INESSS adopte les conclusions d’une seule étude (CATT) à l’effet que sur le plan de l’efficacité l’Avastin n’est pas inférieur au Lucentis. Mais la même étude conclut aussi que l’Avastin comporte un taux supérieur d’effets secondaires. Par ailleurs, d’autres études sont en désaccord avec cette conclusion ou encore soulignent un taux d’effets secondaires graves beaucoup plus élevé ( Curtis).
Sur le plan positif, nous sommes d’accord avec la recommandation à l’effet qu’il appartiendra aux médecins de choisir le médicament. Mais attention! À partir de juin prochain, les injections se donneront dans les hôpitaux et de l’aveu même de l’INESSS il appartiendra aux conseils d’administration de choisir le médicament approprié. Déjà ces mêmes hôpitaux ont éconduit leurs patients ambulatoires vers les cliniques pour des injections intraoculaires en invoquant des questions budgétaires. Il risque donc d’y avoir un autre dérapage. Les patients qui refusent l’Avastin pour des raisons de sécurité ou de douleurs post-injections (comme pour un grand nombre) devront-ils se retourner vers les cliniques privées et des médecins désengagés de l’assurance-maladie qui eux auront le choix entre le Lucentis et l’Avastin. Autrement dit, l’Avastin pour les pauvres et le Lucentis pour les riches?
Enfin, il faut y regarder à deux fois avant de se gargariser d’un écart de coûts considérables entre l’Avastin et le Lucentis. Certes au premier abord on peut parler d’un coût 30 fois supérieur pour le Lucentis. Mais du moment qu’il faudra aux hôpitaux investir dans des installations pour offrir un plateau technique complexe pour prodiguer l’Avastin (ce qui n’est pas le cas pour le Lucentis) le rapport de coût n’est plus le même. En plus, les hôpitaux exigent maintenant des millions de dollars pour des locaux, des équipements et du personnel supplémentaires pour ces injections. Cette comparaison de coût n’est plus du tout du même ordre. Nous sommes d’avis que les injections doivent se poursuivre en clinique privée, de façon gratuite comme actuellement, et dans des hôpitaux là où il n’y a pas un service en clinique. Car aujourd’hui c’est le même ophtalmologiste de l’hôpital qui pratique cette injection en clinique. Il faut aussi que le libre choix professionnel des médecins prévale dans les hôpitaux.
Pour conclure, le rapport de l’INESSS affirme qu’il faut d’autres études pour s’assurer de l’innocuité de l’Avastin. Entretemps, quel est le taux de risque acceptable? Combien faudra-t-il d’effets secondaires graves, de pertes de vision, pour revenir à plus de prudence quant au choix d’un médicament non homologué pour un usage ophtalmique? Le Québec serait donc immunisé contre de mauvaises pratiques comme ce fut le cas aux États-Unis avant qu’on ne sonne l’alarme à un niveau national? Alors, Monsieur Bolduc, dites-nous combien de cas seront tolérés? Combien d’aînés aux prises avec une santé déjà défaillante devront en subir les conséquences?
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